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Démarche artistique/film

J'aime questionner les éléments fondamentaux du destin de l'homme : la vie, la mort, l'amour et le détachement. Ce qui m'anime, en particulier, c'est de révéler la beauté de la nature (les terres brûlées, le sud) en utilisant des "riens " qui ne sont pas seulement réanimés mais qui, grâce à mon travail, réussissent a gagner une nouvelle vie, c'est-à-dire une vie qui surpasse celle pour laquelle ces fragments métalliques, galets, bois flottés (tous modifiés par le temps) ont été originalement créés. De ce glanage, par un assemblage inattendu, j'invite le public à regarder le monde avec d'autres grilles de lecture.

Ce qui m'habite, aussi, c'est la conviction que « chaque jour compte » et qu'il s'agit de vivre l'instant présent en goûtant chaque seconde et chaque respiration.

Si l'acier corrodé a ma préférence, toutes les qualités intrinsèques des matériaux m'intéressent : la pierre associée à la solidité, le bois symbole d'évolution, le papier avec sa malléabilité, etc.

La première dimension de mon travail est associée à des rencontres. Il s'agit, au gré de mes déplacements et de mes voyages, de collecter les fragments d'objets abandonnés qui, chacun pris individuellement et hors de tout contexte, ne portent que peu de sens et ne présentent guère d'intérêt.

S'impose alors à moi, la nécessité de recueillir ces découvertes qui sont comme des trésors. Enfant, déjà, j' adorais explorer les décharges. Pour moi, la beauté se niche très souvent dans ces « riens » abandonnés. Et mon travail sera de les révéler au public en cherchant à modifier leur perception.

A l'atelier, c'est le choix du matériau qui m'inspire. Il agit comme un déclencheur d'imagination. Sa forme, et surtout sa texture, m'invitent au travail. La forme, décomposée par la fragmentation, peut devenir méconnaissable tout en gardant ses éléments géométriques de base.

Je ne souhaite pas me limiter à un matériau particulier ou à une technique. Je découvre un irrésistible attrait pour les terrains qui me sont inconnus. D'abord, je cherche le meilleur compromis entre la matière, les moyens techniques et la forme. Celle-ci doit être en harmonie avec le matériau. Elle se situe à mi-chemin entre les capacités mécaniques de la matière à laquelle je suis confrontée et à mon propre univers.

Mon travail m'apparaît particulièrement abouti lorsque je réussis à façonner des structures aériennes et fragiles. Comme dans la pensée d'Héraclite « ce qui s'oppose s'accorde » ; « de ce qui diffère résulte l'harmonie ». Mon objectif est de toucher à la fois l'intelligence et le coeur, d'abolir la frontière entre penser et ressentir, de conjuguer la logique du sens et celle de la sensation.

Je choisis de créer dans la mouvance de mes préoccupations du moment. Ce qui m'intéresse, c'est de me laisser porter par le mouvement instinctif, le moins « réfléchi » possible. Mes titres traduisent mon état d'esprit au moment de la création.

Mon travail veut échapper aux regards qui classent, étiquettent et nomment.

Mes sculptures invitent à des lectures diversifiées. Elles déçoivent la certitude des noms. Elles appartiennent aux choses sans utilité ni fonction. Le regard d'autrui peut leur attacher librement un sens possible tout en sachant qu'il ne pourra être ni complet ni tout à fait satisfaisant.

Je me meux dans la pensée d'Héraclite. Je m'iimprègne de ses minces fragments (encore des fragments) qui ont traversé les siècles et qui nous offrent ces propos devenus célèbres: « l'absence de consistance des choses, qui se meuvent sans cesse, qui ne demeurent jamais ce qu'elles sont et qui peuvent se transformer en leur contraire ». « À ceux (hommes) qui descendent dans les mêmes fleuves surviennent toujours d'autres et d'autres eaux ». « Tout devient tout, tout est tout. Ce qui vit meurt, ce qui est mort devient vivant (?) ».

J' aime, aussi, citer Wiliam Blake (1757-1827) « Dans un grain de sable voir le monde. Et dans chaque fleur des champs le paradis. Faire tenir l'infini dans la paume de la main. Et l'éternité dans une heure».

 

Voir le film réalisé par Roland Joseph

 

Marie-Chantal Collaud

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